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Président à trouver, staff à stabiliser, effectif à reconstruire : l’OM arrive à un moment charnière. Après une saison 2025-2026 vécue comme un échec, le club veut relancer un projet crédible, avec un cap clair sur l’Europe et une gouvernance enfin lisible.
L’OM joue gros dans les semaines qui viennent, et pas seulement sur le terrain. La fin de saison 2025-2026 a laissé un goût amer, au point que l’avenir du club se lit déjà en coulisses: gouvernance à reconstruire, décisions sportives à trancher, et une ligne de conduite à rendre compréhensible pour tout le monde, des joueurs aux supporters.
Le constat est partagé: Marseille sort d’un exercice très mal vécu par une partie de son public, selon La Provence, et la direction doit désormais remettre de l’ordre dans une maison secouée. Entre la quête d’un nouveau président évoquée par L’Équipe et la nécessité de redonner une trajectoire sportive, le club entre dans un été où chaque choix pèsera sur la capacité de l’OM à redevenir un habitué des places européennes.
Une présidence à incarner après la réorganisation de février
Le premier dossier, c’est la tête de l’organigramme. Selon L’Équipe, l’OM a fait de la nouvelle présidence une priorité d’ici au mois de juin, dans le sillage d’une réorganisation interne intervenue en février. Cette séquence a placé le poste de président au centre du jeu, avec la mise à l’écart de Pablo Longoria, le maintien de Medhi Benatia comme directeur du football, puis la nomination d’Alban Juster comme président intérimaire.
L’Équipe précise que Longoria a trouvé un accord pour s’en aller et que Benatia partira également au mois de juin. Juster, dont le mandat au conseil de surveillance expire le 3 juillet, a un temps été vu comme une option, mais il reste décrit comme éloigné des projecteurs, concentré sur son périmètre financier. Il a tout de même rencontré des groupes de supporters avant la réception de Lille (1-2) le 22 mars, signe d’une présidence intérimaire obligée de gérer l’urgence et la relation avec le public.
Dans ce contexte, la ligne du propriétaire est scrutée. Toujours selon L’Équipe, Frank McCourt a indiqué sa préférence pour quelqu’un qui connaît bien la France et Marseille pour le futur président. Des noms ont circulé autour du club, comme Nicolas de Tavernost ou Cyril Linette, sans que cela ne signifie qu’ils aient été sollicités ou qu’ils soient candidats. La nuance est importante: l’OM cherche un profil, pas seulement une figure, et doit éviter le piège d’une nomination perçue comme cosmétique. À Marseille, la fonction est exposée, et l’autorité réelle du président, sa marge sur le sportif, et son articulation avec l’actionnaire comptent autant que son CV.
Un chantier sportif lourd, avec l’Europe comme juge de paix
Le deuxième chantier, c’est le terrain, et il est directement lié au premier. L’Équipe rappelle que le classement final en Championnat dictera forcément l’avenir d’une bonne partie de l’effectif et du staff. Dans les faits, la fin de saison a acté une rupture: dans une vidéo publiée par L’Équipe, après la victoire au Havre (1-0), l’entraîneur Habib Beye explique que l’OM dit adieu à la Ligue des champions et qu’il faudra battre Rennes lors de la dernière journée pour viser la Ligue Europa, un match qualifié de finale.
Le message est clair: l’Europe n’est pas un bonus, c’est l’horizon minimal pour donner de la cohérence au projet. Et ce point rejoint ce que racontent les tribunes. Dans La Provence, des supporters décrivent une saison catastrophique, pointent l’absence de grinta et estiment qu’il y a beaucoup de choses à changer, allant jusqu’à évoquer les trois quarts des joueurs à renouveler. Ce n’est pas une feuille de route, mais c’est un indicateur de climat: l’OM doit reconstruire une identité de jeu et d’engagement, pas seulement empiler des noms.
À cela s’ajoute l’instabilité récente. D’après Foot Mercato, Roberto De Zerbi est parti après une mauvaise série et a très récemment rebondi à Tottenham. Le même article décrit un club chamboulé d’un point de vue organisationnel, avec des départs, des changements de visage, et une fin de cycle. La critique qu’on peut faire, c’est que l’OM a laissé s’installer une impression de navigation à vue: quand la gouvernance bouge, le sportif finit par suivre, et l’effectif devient un patchwork difficile à entraîner, encore plus dans un championnat où la concurrence pour l’Europe est permanente.
Finances, droits TV, ambition: la promesse d’un « club solide » à transformer en projet
Le troisième sujet est celui qui conditionne tout le reste: la capacité à financer un cycle gagnant sans repartir de zéro tous les étés. Sur ce point, Foot Mercato relaie un discours qui tranche avec l’inquiétude d’une partie du public. Le média rapporte que l’OM est présenté comme un club solide qui n’a pas de dettes, dans un contexte où la crise des droits TV en France est décrite comme un problème à un niveau historique bas. Cette toile de fond compte, parce qu’elle pèse sur la compétitivité de la Ligue 1 et sur la marge de manœuvre des clubs pour attirer et garder des joueurs.
En miroir, La Provence fait remonter une crainte très concrète chez certains supporters: Sans Ligue des champions, ça va être terrible pour les finances, on sera moins séduisants pour les recrues. Ce ressenti n’est pas un bilan comptable, mais il dit une chose: à Marseille, l’équation sportive et l’équation économique sont indissociables dans l’esprit du public. Et c’est là que l’OM doit clarifier sa stratégie: quel modèle de recrutement, quelle place pour la formation, quel niveau d’exigence immédiat, et quel type de leadership pour tenir le cap quand les résultats tanguent.
Foot Mercato évoque aussi une ambition de long terme attribuée à Stéphane Richard, avec l’idée que Marseille a tout pour faire partie des 20 meilleurs clubs d’Europe. L’objectif est séduisant, mais il expose l’OM à une obligation de cohérence: viser haut impose une direction stable, un staff identifié, et une politique sportive alignée sur plusieurs saisons. Le club n’a pas seulement besoin d’un nouveau visage à la présidence, il a besoin d’une chaîne de décision lisible, capable d’assumer un mercato, une méthode de travail, et un style de jeu sans tout remettre en cause à la première crise.
La prochaine étape immédiate reste sportive, avec cette dernière journée présentée comme une finale contre Rennes par Beye, d’après L’Équipe. Mais l’avenir de l’OM se jouera surtout dans la foulée: une présidence à nommer, un organigramme à fixer, et un projet à rendre crédible pour que Marseille redevienne, comme le réclament des supporters interrogés par La Provence, le club que la ville mérite.
À retenir
- L’OM veut nommer une nouvelle présidence d’ici juin, selon L’Équipe, après la réorganisation de février.
- Le classement final conditionnera l’avenir du staff et d’une partie de l’effectif, avec l’Europe comme objectif structurant.
- Entre discours de solidité financière et inquiétudes des supporters, le club doit clarifier un projet stable et lisible.