France cinquième aux Mondiaux de rugby-fauteuil à São Paulo, frustrée par une disqualification réglementaire

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L’équipe de France de rugby-fauteuil termine cinquième des Championnats du monde au Brésil, confirmant une trajectoire de progression malgré des débuts prometteurs et des revers en phase finale. Sous la direction d’un nouveau staff et avec un groupe largement rajeuni, les Bleus ont remporté 62-55 face au Danemark à São Paulo, mais regrettent des circonstances malheureuses qui les ont privés du carré final.

Disputés à São Paulo, les Mondiaux de rugby-fauteuil 2026 ont livré aux Français un bilan mitigé: une cinquième place identique à celle remportée en 2022, mais acquise sur une trajectoire tumultueuse. Entre des débuts flamoyants et une fin de tournoi frustrée par des éléments qui échappaient à leur contrôle, les partenaires de Jonathan Hivernat ont connu une compétition en montagnes russes, révélatrice des forces et des fragilités d’un groupe en reconstruction.

Un démarrage sans faille avant la débâcle

La première phase n’augurerait rien de bon pour les Français. Trois victoires en trois rencontres: face au Danemark, à la Colombie et à l’Allemagne. Ce parcours sans faute plaçait la France parmi les favoris pour le dernier carré. Or, la phase suivante s’avère décisive, et c’est là que le tournoi bascule. Deux défaites consécutives – 45-50 contre le Japon, puis 42-57 face à la Grande-Bretagne – relèguent les Bleus à la troisième place de leur groupe. Cet écart de trois points face au Japon, particulièrement, illustre comment la marge entre l’ambition affichée et la réalité demeure étroite.

L’incident réglementaire qui a pesé sur le quart

Là intervient un élément qui cristallise la frustration du groupe. Lors du dernier match de poules contre la Grande-Bretagne, Sébastien Verdin, l’attaquant, a été disqualifié non pour une action de jeu, mais pour avoir contrevenu au règlement de la compétition. À la mi-temps, faute de toilettes accessibles aux personnes en fauteuil roulant, Verdin s’est sondé derrière le banc – une nécessité physiologique, mais une violation des règles. Cette disqualification, couplée à l’absence du capitaine Jonathan Hivernat souffrant, prive la France d’un joueur majeur lors du quart de finale contre les États-Unis.

Les États-Unis, qui remporteront ultérieurement le titre mondial en dominant l’Australie 57-51, éliminent les Français 57-51. L’écart – six points – n’est pas insurmontable; il est d’ailleurs comparable à celui face au Japon. Verdin lui-même reconnaît l’amertume: « C’est très rageant parce que c’était ouvert », confiera-t-il après le tournoi. L’impression persiste que sans cet incident réglementaire, la trajectoire française aurait pu différer sensiblement.

Une réaction collective en demi-finale du classement

Une fois remis de cette déception, les Bleus se remobilisent. Ils affronten les Pays-Bas en barrages pour la cinquième place et s’inclinent 48-55 – nouveau revers serré. Puis vient le match pour la cinquième place contre le Danemark, le 24 août, et là, la France impose son jeu: victoire 62-55 à São Paulo. Ce succès comporte une portée symbolique non négligeable. Après deux défaites lourdes et un incident extrasportif, terminer par une victoire nette permet au groupe d’éviter un dénouement purement négatif.

Sébastien Verdin synthétise l’humeur du groupe: « Ce n’est pas la place qu’on voulait mais on a bien progressé ». Cette formule révèle un calcul particulier: les Français mesurent leur performance non à la cinquième place elle-même, mais aux progrès affichés dans les conditions de leur reconstitution.

Un groupe rajeuni et un staff novateur

C’est un contexte spécifique qui encadre ce résultat. L’équipe fonctionne depuis seulement quatre mois sous l’égide d’Adrien Chalmin, nouveau sélectionneur. Il s’agit d’une transition majeure: changement d’effectif structurel, incorporation de profils émergents, adaptation à des principes nouveaux. Dans ce cadre, remporter deux victoires majeures (contre des sélections comme l’Allemagne et la Colombie) et resortir avec une cinquième place, même non désirée, constitue un socle.

Le tournoi a aussi permis une large revue d’effectif. Des joueurs comme Théo Baraton se sont affirmés – un élément qui n’était peut-être pas établi quatre mois auparavant. Cette fonction de test compétitif, propre aux phases qualificatives et aux mondiaux, sert la préparation à moyen terme. La France sait désormais sur quels joueurs elle peut compter et quels schémas tactiques méritent d’être approfondis.

Un carré final manqué, mais des leçons à assimiler

Reste que l’objectif initial – le top 4 – n’a pas été atteint. Verdin l’énonce sans détour: « On voulait clairement être dans le top 4, mais des concours de circonstances, une règle qu’on ne connaît pas et un peu de malchance fait qu’on joue la 5e place alors qu’on avait largement la place de faire mieux ».

Cette analyse pointe trois facteurs entrecroisés: la méconnaissance du cadre réglementaire (l’incident des toilettes), une part d’aléa sportif inévitable, et, implicitement, des marges de progression dans la préparation en si peu de temps. Le défaut en quatrièmes de finale face aux États-Unis – 57-51 – et les trois points cédés face au Japon en groupes sont autant d’indices qu’une préparation plus longue et une meilleure connaissance des subtilités réglementaires auraient peut-être basculé le tournoi.

Pour autant, en repartant avec une cinquième place identique à celle de 2022, mais après une refonte quasi-complète du staff et du groupe, la France ne sort pas humiliée de ce Mondial. L’enjeu désormais sera de consolider ces progrès: améliorer la transition tactique, ceinturer les joueurs émergents, et surtout, pérenniser la dynamique compétitive avant les prochaines rendez-vous internationaux.

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