Vannes renforce son effectif et double son budget pour s’installer durablement au Top 14 en 2025-2026

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Vannes revient en Top 14 pour la saison 2025-2026 avec un effectif sensiblement renforcé et un budget doublé en deux ans. Après une première expérience en 2024-2025, les Bretons ont tiré les leçons de leurs faiblesses – notamment les vingt dernières minutes – et structuré le club pour s’installer durablement dans l’élite.

Le RCV ne sera pas un accident. C’est le pari que fait Vannes, deux ans après son accession historique au Top 14. Depuis 2018 et la réforme du système d’accession, seuls Bayonne et Perpignan ont réussi à s’installer durablement à l’échelon supérieur. Un constat qui pèse, mais que les Bretons entendent démentir en construisant, méthodiquement, les fondations d’un club capable de survivre dans l’intensité du championnat de France.

Ce qui s’est cassé lors du premier passage

La saison 2024-2025 a servi de révélateur. Vannes a découvert le Top 14, mais pas sans se prendre des coups: à plusieurs reprises, les Bretons ont dominé avant de s’écrouler dans le dernier quart d’heure. Ces revers ont laissé des traces, mais surtout alimenté la réflexion du staff et de la direction.

Le troisième ligne Simon Augry, interrogé sur son expérience, résume à lui seul la brutalité du niveau: « C’est ce qui m’a le plus marqué en Top 14: quand un joueur sort, celui qui le remplace est du même niveau, voire meilleur. » Il cite le souvenir cuisant du déplacement à Toulon, où Vannes menait à la 50e minute. « Baptiste Serin est rentré à la mêlée. Il a accéléré comme il voulait en fin de match. Résultat, on en a pris 50. » Une illustration crue de l’écart entre un remplaçant et un autre, quand les organismes fatiguent.

Pour le demi d’ouverture Maxime Lafage, également interrogé, l’analyse est similaire: « Ce qui nous avait fait défaut il y a deux ans, c’était surtout les fins de match, avec une profondeur de banc qui ne nous permettait pas de rivaliser pendant 80 minutes. » Les fins de match, donc. Un secteur où le Top 14 ne pardonne rien.

Deux ans pour construire un club, pas juste une équipe

Vannes a entendu le message. Entre la saison 2024-2025 et celle qui s’ouvre, les Bretons ont travaillé sur tous les étages du club – et notamment sur la densité de l’effectif. Le recrutement a été pensé dans une logique de profondeur: pas seulement aligner un XV compétitif, mais disposer d’un banc capable de maintenir l’intensité quand les corps commencent à payer la facture.

Le demi d’ouverture Maxime Lafage décrit cette évolution: « Le staff, notamment avec le recrutement, a ciblé pour avoir un groupe suffisamment étoffé, capable de lutter pendant 80 minutes et, surtout, soit d’aller chercher un résultat, soit de conserver un score. »

Concrètement, le RCV a enregistré les retours au bercail de deux joueurs majeurs: Pierre Popelin et Nathanaël Hulleu. En parallèle, le club a frappé fort sur le marché avec l’arrivée du pilier gauche international français Giorgi Beria et de l’international argentin Matías Alemanno, parmi d’autres. Le profil recherché? Des joueurs puissants et dotés de belles qualités de vitesse – des qualités d’endurance, en somme, pour tenir le rythme quatre-vingts minutes.

Simon Augry, qui a connu les deux saisons vannetaises au Top 14, ne mâche pas ses mots: « Je pense que, même l’année dernière, nous avions une meilleure équipe que l’année où nous avons disputé le Top 14. Mais cette année, pour moi, on peut aligner deux XV titulaires presque identiques. Le club a très bien travaillé sur le recrutement, sur chaque ligne, on a une grosse concurrence. » Deux équipes presque identiques. C’est dire la richesse d’un effectif autrefois trop léger.

Un budget qui a plus que doublé en cinq ans

Les chiffres parlent. Il y a cinq ans, en 2021, le RCV fonctionnait avec un budget de 13 millions d’euros. Deux ans plus tard, en 2023, celui-ci avait déjà grimpé à 19 millions. Aujourd’hui, pour la saison qui débute, il atteint un nouveau palier: entre 26 et 27 millions d’euros.

Même trajectoire pour la masse salariale: elle est passée de 6 à 9 millions d’euros en l’espace de deux ans. Une augmentation substantielle qui reflète l’arrivée de joueurs d’expérience, rompus aux joutes du haut niveau.

Certes, ce budget reste dans le bas de la hiérarchie du Top 14. Mais sa progression témoigne d’une structuration continue du club. À Vannes, la croissance ne se mesure donc pas uniquement au nombre de recrues ou aux résultats sur le terrain: c’est tout un projet qui avance, prudemment, avec l’ambition de s’installer durablement à l’échelon supérieur.

Les défis qui restent: le temps de jeu effectif s’intensifie

Reste un défi que le budget seul ne peut pas résoudre: le Top 14 change, s’intensifie, devient plus exigeant physiquement année après année. Le temps de jeu effectif continue de progresser, avec lui, la sollicitation des organismes. Un retour à huit changements autorisés va également rebattre certaines cartes.

Pour les avants, notamment les deuxième et troisième ligne, la capacité à tenir quatre-vingts minutes pourrait devenir un facteur déterminant. C’est précisément là que Vannes a travaillé: recruter des joueurs dont l’endurance et la vitesse permettront de soutenir l’effort jusqu’au bout, ou du moins de ne pas perdre pied quand le jeu s’accélère.

Un pari sur l’osmose collective

Maxime Lafage conclut sur le vrai défi qui attend Vannes: « On est mieux préparés sur tous les points. Le club connaît les exigences du niveau du Top 14, et les joueurs qui étaient déjà là connaissent les exigences qu’il faut avoir. Le club s’est pas mal renforcé avec des joueurs d’expérience qui connaissent ce très haut niveau. Maintenant, il faut mettre tout ça en osmose pour être performants sur le terrain. »

C’est là que le bât blesse: avoir un effectif fourni, c’est une chose. Le faire jouer ensemble, en harmonie, sous la pression du Top 14, c’en est une autre. Vannes a deux ans d’expérience, maintenant. Elle sait ce qui l’attend. La question n’est plus « peut-on survivre? », mais « comment faire durer cette aventure? »

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