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Mohamed Sanhadji, figure incontournable de l’équipe de France de football depuis deux décennies, a frôlé la détention provisoire. L’Équipe révèle les contours d’une enquête visant cet homme de confiance des joueurs et du staff, soupçonné d’avoir abusé de ses fonctions pour gérer des dossiers sensibles.
Surnommé « La République » par les joueurs et les membres du staff, Mohamed Sanhadji occupe depuis des années une place singulière au sein de la structure nationale. Son rôle l’a placé au cœur de chaque crise: c’est à lui que l’on se confie, lui qu’on alerte, lui qu’on fait comparaître quand les murs menacent de s’effondrer.
Au cœur des dossiers les plus délicats
Le périmètre de ses interventions épouse les turbulences du football français. En mars 2022, lors de l’agression de Paul Pogba par des hommes lourdement armés, Sanhadji est immédiatement informé. En novembre 2025, le sélectionneur Didier Deschamps le convoque au tribunal pour témoigner dans l’affaire où il est accusé d’avoir dissimulé la vérité sur la gestion de la blessure de Karim Benzema au Mondial au Qatar – accusations portées par le chroniqueur de RMC Daniel Riolo. C’est encore lui qui organise l’audition d’Antoine Griezmann à Clairefontaine dans l’enquête de pédophilie concernant Eric Olhats, ancien mentor du joueur. Dix ans plus tôt, en 2014, sa silhouette apparaît en marge de l’affaire de la sextape impliquant Mathieu Valbuena, tentant de démêler les ressorts de cette crise.
Une relation qui a dérapé
Cette proximité prolongée, cette confiance de deux décennies, cache désormais une fracture. Les soupçons qui pèsent sur Sanhadji remettent en question la nature même de son rôle: a-t-il abusé de l’accès privilégié que lui conférait sa position? La gravité des faits – assez sérieux pour justifier une requête de détention provisoire – suggère que son statut d’homme d’équipe ne constitue plus une protection.
L’enquête révèle une relation intéressée: ce que les joueurs et le sélectionneur percevaient comme une gardienne de secrets devient potentiellement un élément du problème. Une citation rapportée par L’Équipe le place en détresse existentielle: « Si ça sort, ça sera ma fin. » Elle résume l’enjeu personnel de cet homme dont le pouvoir reposait entièrement sur le silence et la discrétion.