Tennis : Stefan Milićević suspendu jusqu’en 2050 pour des matchs truqués, une exclusion bien au-delà du court

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L’ITIA a exclu Stefan Milićević jusqu’en octobre 2050 pour des manipulations de matchs et le recrutement d’autres joueurs. Cette sanction de 24 ans ne lui interdit pas seulement de jouer : elle ferme aussi la voie au coaching et à la présence aux événements concernés.

Une suspension qui court jusqu’en 2050 : pour Stefan Milićević, la sanction dépasse très largement quelques saisons perdues. L’Agence internationale pour l’intégrité du tennis (ITIA) a annoncé le 15 octobre avoir suspendu le Serbe de 29 ans pendant 24 ans, avec une amende de 70 000 dollars, pour des violations graves des règles anticorruption. L’exclusion est effective depuis le 9 octobre 2026. [1]

Le chiffre impressionne. Mais le dossier ne se limite pas à un joueur qui aurait accepté de perdre une rencontre : l’ITIA décrit des manipulations, des tentatives et le recrutement d’autres professionnels. C’est cette dimension de réseau, autant que la durée de l’interdiction, qui donne sa portée à l’affaire.

Six matchs truqués, six autres tentatives et un rôle de recruteur

Les faits visés se situent entre 2022 et 2024. Selon l’ITIA, Milićević a été mis en cause pour avoir truqué six matchs, dont cinq auxquels il participait lui-même, et tenté d’en manipuler six autres. Ces deux ensembles doivent rester distincts : le communiqué ne décrit pas douze rencontres dont le résultat aurait effectivement été arrangé. [1]

L’agence lui reproche aussi d’avoir recruté ou tenté de recruter plusieurs joueurs professionnels au sein d’un réseau de corruption. Elle précise que cela a conduit d’autres joueurs à truquer des matchs, sans publier dans cette annonce leurs noms ni le détail de chaque rencontre.

Illustration symbolique d’un réseau de raquettes reliées autour d’un court de tennis.
L’ITIA reproche aussi à Milićević d’avoir recruté ou tenté de recruter d’autres joueurs professionnels.

Le point important est là : l’intégrité d’un match ne dépend pas seulement des deux joueurs présents sur le court. Un intermédiaire peut chercher à influencer plusieurs rencontres en approchant d’autres compétiteurs. Le dossier décrit par l’ITIA dépasse ainsi les seuls matchs disputés par le Serbe.

Une sanction devenue effective après des sollicitations restées sans réponse

L’enquête de l’ITIA a été menée en 2026. L’agence indique avoir essayé à sept reprises, par différents canaux, d’obtenir une réponse de Milićević, sans qu’il participe à l’enquête ou coopère. Le 24 septembre, elle lui a adressé un avis formel d’infraction grave, auquel il n’a pas davantage répondu. [1]

Selon le communiqué, la sanction prévue de 24 ans d’inéligibilité et de 70 000 dollars d’amende est alors entrée en vigueur le 9 octobre, conformément aux règles et aux lignes directrices de l’ITIA. L’absence de réponse ne doit pas être présentée comme un aveu : c’est le déroulement de la procédure disciplinaire que l’agence expose.

Pourquoi exactement 24 ans ? L’annonce présente les faits reprochés et la procédure, mais ne détaille pas un calcul permettant d’attribuer un nombre d’années à chaque match ou au refus de coopérer. Réduire la peine à « quatre ans par rencontre » reviendrait donc à inventer un barème absent du document.

Sanction de Stefan Milićević : faits de 2022 à 2024, début le 9 octobre 2026, suspension de 24 ans, amende de 70 000 dollars, fin le 8 octobre 2050.
La sanction est entrée en vigueur le 9 octobre 2026 ; l’ITIA l’a annoncée le 15 octobre.

Il ne pourra pas simplement revenir dans les tribunes ou sur un banc

La suspension ne concerne pas uniquement le droit de jouer. Jusqu’au 8 octobre 2050, Milićević ne peut ni participer comme joueur, ni entraîner, ni assister aux événements organisés ou reconnus par les instances énumérées dans la décision, notamment l’ATP, la WTA, les tournois du Grand Chelem et les fédérations nationales. [1]

Autrement dit, quitter la compétition pour devenir entraîneur ne permettrait pas de contourner cette exclusion dans les événements concernés. C’est une interdiction d’accès au tennis institutionnel dans plusieurs rôles, et non une simple absence du classement. Le joueur avait atteint son meilleur rang mondial en simple, la 1 338e place, en août 2014.

Les 19 mises en examen rapportées en parallèle relèvent d’un autre dossier

Le 16 octobre, Le Parisien a également rapporté que 19 personnes avaient été mises en examen dans une vaste enquête sur des matchs de tennis truqués, dans plusieurs pays, notamment en Bulgarie. Plusieurs joueurs français figurent parmi elles, selon le journal. Une mise en examen n’est pas une condamnation : les personnes concernées restent présumées innocentes. [2]

La proximité des deux actualités ne suffit pas à en faire une seule affaire. Le communiqué de l’ITIA consacré à Milićević n’établit pas de lien avec ces 19 mises en examen. Il documente une sanction sportive pour des faits situés entre 2022 et 2024, tandis que l’enquête évoquée par Le Parisien relève de la justice pénale.

Sources

[1] ITIA, communiqué du 15 octobre 2026 : https://www.itia.tennis/news/sanctions/serbian-tennis-player-stefan-milicevic-suspended-for-24-years/

[2] Le Parisien, enquête de Louise Colcombet, Jean-Michel Décugis et Éric Bruna, 16 octobre 2026 : https://www.leparisien.fr/sports/tennis/tout-le-monde-fait-ca-pour-financer-ses-saisons-19-mises-en-examen-dans-la-vaste-enquete-sur-les-matchs-de-tennis-truques-16-10-2026-MBYQU3PEQNCO7NDMZVAM45KSXA.php

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