Bruno Irles quitte Bordeaux après neuf mois, le club relégué en Régionale 1

© Bruno Irles quitte Bordeaux après neuf mois, le club relégué en Régionale 1

Visualiser Occulter le sommaire

Bruno Irles, remercié en avril par Bordeaux après neuf mois à la tête des Girondins relégués en National 2, explore actuellement plusieurs pistes pour son prochain défi. L’entraîneur, basé à Aix-en-Provence depuis juillet, a reçu quelques propositions en Ligue 2 qui n’ont pas abouti et reste ouvert à une reprise en Ligue 1 ou en deuxième division.

Depuis son départ de Bordeaux, Bruno Irles a quitté la Nouvelle-Aquitaine pour retrouver le sud de la France. «  Je me consacre à ma famille. On est revenu à Aix-en-Provence début juillet », explique-t-il. L’attente de la fin d’année scolaire a justifié ce délai avant le retour au domicile familial. Mais Irles ne chôme pas mentalement: il continue de suivre les déboires de son ancien club tout en prospectant un nouveau projet.

Un défi fou chez les Girondins

Arrivé à Bordeaux à l’été 2024 après la relégation administrative en National 2, Bruno Irles y a vu bien plus qu’une simple mission de sauvetage. «  C’étaient les Girondins de Bordeaux, un club mythique », justifie-t-il son engagement. Lui qui connaissait déjà la N2 pour y avoir fréquenté la réserve de Monaco, il a souhaité relever ce défi aux côtés de Dado Prso, son adjoint.

L’aventure bordiste s’est terminée en avril, au moment du limogeage. Irles conserve une analyse nuancée de cet arrêt prématuré. «  On était deuxième derrière une très bonne équipe de Vendée Foot Club la Roche-sur-Yon quand on a été remercié ». Le positionnement de Bordeaux au classement était donc solide, malgré une trajectoire chaotique. Irles estime que «  on n’était pas loin d’y arriver » – sous-entendu, la remontée en National 1.

Les racines du naufrage

Concernant la situation actuelle de Bordeaux, finalement relégué en Régionale 1, Bruno Irles ne mâche pas ses mots. «  C’est un gâchis? Oui mais les problèmes existaient déjà avant la direction actuelle, ça a fait boule de neige ». Il pointe un engrenage négatif au sein du club, que son staff a tenté d’inverser sans succès. «  J’aurais aimé que ce soit avec nous mais Bordeaux renaîtra. Ce sera long mais ce n’est qu’une question de temps. »

Irles resitue aussi son défi en perspective historique. Bordeaux n’est pas le seul club français prestigieux à connaître des débâcles administratives. «  C’était un challenge un peu fou avec la pression qui existe autour des clubs ayant vécu au-dessus de leurs moyens, comme Lyon, Bastia ou Le Mans, qui vient juste de remonter. » Autrement dit, les Girondins n’ont pas le monopole des grands nauffrages français.

Des touches, mais pas de débouchés concrets

Pour cette saison 2026, Bruno Irles a-t-il trouvé preneur? Pas encore. «  Oui, quelques-unes en Ligue 2 mais elles n’ont pas abouti », répond-il. Avec Dado Prso, il reste mobilisé et prêt à sauter sur le prochain projet sérieux. L’enjeu n’est pas la précipitation: trouver le bon contexte compte davantage.

Sur le niveau de jeu auquel il aspire, Irles affiche une certaine flexibilité. Il a goûté au succès en Ligue 1 avec Troyes, «  que l’on avait réussi à maintenir ». Mais il ne rejette pas la Ligue 2. « Ça peut être aussi en Ligue 2. Je n’ai jamais brûlé les étapes dans mon parcours et s’il faut refaire mes preuves en Ligue 2, aucun souci. » Ce pragmatisme rappelle qu’à 56 ans – implicitement, par son ancienneté dans le métier – Irles ne cherche plus à impressionner, mais à construire.

Le formateur en quête de jeunes talents

Un fil rouge traverse le discours d’Irles sur ses aspirations futures: «  J’adore travailler avec les jeunes, les accompagner. C’est sûrement lié à mon passé de formateur à Monaco. » Cette vocation émerge comme un critère décisif dans son choix du prochain club.

Il envisage d’encadrer indifféremment des joueurs issus d’un centre de formation classique ou «  des joueurs en post-formation comme j’ai pu avoir à Pau, QRM ou Troyes ». C’est précisément cette composante qui lui a manqué à Bordeaux. «  C’est ce qui m’a manqué à Bordeaux, où il n’y avait plus de centre de formation de haut niveau. » L’absence d’un vivier jeunesse structuré y apparaît comme un élément clé de la faillite sportive du club.

L’attente du bon project

Au final, le message d’Irles demeure simple et transparent: «  Il faut trouver le bon projet. » Pas de précipitation, pas de diversion. Un entraîneur de 56 ans avec un palmarès solide (Pau, Troyes, QRM), conscient de ce qui l’anime vraiment – le travail avec les jeunes – attend que l’offre corresponde à sa philosophie.

Son expérience bordelaise, malgré son arrêt en avril, semble avoir durci son instinct de sélection. Il a vu de près ce que représentait un club sans fondations jeunesse, vidé par ses déboires administratifs. La prochaine destination devra offrir ce qui a manqué aux Girondins: une structure d’accompagnement des talents émergents et un vrai projet sportif, dans n’importe quelle division, pourvu qu’il soit pertinent.

Vous êtes ici : Memo Sport Rugby Bruno Irles quitte Bordeaux après neuf mois, le club relégué en Régionale 1