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La Nouvelle-Zélande a écrasé les Sharks 54-0 à Durban, mardi, avec un résultat sans appel: huit essais à zéro. Les All Blacks, intégralement remaniés, ont montré un visage bien plus convaincant que lors de leur premier test en Afrique du Sud. La rencontre restera marquée par les retrouvailles émouvantes entre Ma’a Nonu et sa sélection, 11 ans après son dernier match sous le maillot noir.
Durban, mardi soir. Sur une pelouse détrempée, les All Blacks ont envoyé un message simple mais cinglant aux Sharks: 54-0. Huit essais à zéro. Dave Rennie et ses hommes arrivent en Afrique du Sud avec des intentions claires, et cette démonstration le prouve. Quatre jours après leur succès étriqué contre les Stormers (38-21), la Nouvelle-Zélande a changé de dimension.
Un scénario qui s’accélère après la pause
Les deux premières périodes n’ont pas raconté la même histoire. À la mi-temps, les All Blacks ne menaient que 14-0, un avantage serré vu les conditions de jeu et la domination affichée. Fehi Fineanganofo a lancé les hostilités dès la 19e minute, bien servi par son deuxième-ligne Josh Lord en bout de ligne. Damian McKenzie a cru doubler la mise à la 23e, mais l’arbitre a refusé son essai pour un léger en-avant au moment du contrôle du ballon. Le même McKenzie s’est rattrapé trois minutes plus tard, plongeant cette fois dans l’en-but pour inscrire son essai.
Puis vint le déferlement. Six nouveaux essais en deuxième période, signés Clarke, Fineanganofo, J. Barrett, Preston, Tavatavanawai et Darry. La précision à la botte de Ruben Love, impeccable, a complété la débâcle: 7 transformations sur 8. Les chiffres racontent la domination brutale, sans équivoque.
Nonu, le fantôme du passé face à son successeur
Mais au-delà du score, ce mardi soir a appartenu à un homme: Ma’a Nonu. Le vétéran de 44 ans, arrivé il y a quelques jours chez les Sharks, s’est retrouvé face à la sélection qu’il a représentée 103 fois. Onze ans séparaient ce match de sa dernière apparition sous le maillot noir: 2015, un deuxième sacre mondial en poche. Ce jour-là, un chapitre s’était fermé.
Avant le coup d’envoi, Nonu a réalisé un haka solitaire face à ses successeurs. Seul, dans ce geste chargé de sens. Une image de rupture douce, de transmission intérieure. Entré en jeu à la 62e minute, l’ancien Toulonnais n’a pu freiner l’effondrement de sa nouvelle équipe. Mais ce soir-là, le résultat a importé peu. Nonu s’est offert un souvenir intact, un moment partagé avec ses compatriotes. C’est de ce genre de rencontres que naissent les histoires de rugby.
Une tournée sud-africaine qui s’installe
Côté calendrier, les All Blacks progressent. Samedi, à Pretoria, ils affronteront les Bulls (19 heures). Puis viendront les quatre tests contre les Springboks: 22 et 29 août, puis 5 et 12 septembre. L’Afrique du Sud attend. Et après le spectacle offert à Durban, la Nouvelle-Zélande semble armée pour cette bataille.
L’équipe remaniée de Rennie a envoyé le signal qu’attendaient les observateurs: oui, les All Blacks sont bel et bien présents en Afrique du Sud. Oui, ils jouent pour gagner. Non, ils ne viennent pas en touristes. La domination à Durban, malgré une première période molle sur le plan du score, montre une équipe capable de monter en régime quand elle l’estime nécessaire.
Les détails qui font la différence
Concrètement, ce qui saute aux yeux, c’est la maîtrise collective. Huit essais signifient une défense percée à répétition et une attaque fluide. Même dans le chaos d’une pelouse mouillée, où le rugby se réduit généralement à des guerres de possession, la Nouvelle-Zélande a imposé son rythme. La victoire contre les Stormers avait suscité des doutes sur la capacité de ce groupe à dominer en Afrique du Sud. Durban a balayé ces questions.
L’autre point qui retient l’attention: l’équipe intégralement remaniée. Rennie a fait tourner effectivement son groupe, testant différentes combinaisons avant le vrai duel contre les Springboks. C’est un luxe que peu de sélections peuvent se permettre, et la Nouvelle-Zélande l’utilise comme il convient. Des joueurs comme Fineanganofo ont saisi l’occasion: deux essais mardi soir. Des opportunités converties en performances collectives.
Reste un détail
Nonu sortira de cette soirée avec un sentiment complexe. D’un côté, il a vécu un moment unique, quasi rituel, du rugby international. De l’autre, sa nouvelle équipe s’est effondrée. Les Sharks encaissent 54-0 à domicile, c’est une déculottée dont on se souvient. Pour Nonu, l’épisode sud-africain commence mal. Mais son honneur, lui, ne souffre d’aucune tache. À 44 ans, affronter les All Blacks, c’est affronter son passé dans toute sa splendeur. Il l’a fait, dignement.
La Nouvelle-Zélande poursuit sa marche. Pretoria attend, samedi. Puis les Springboks. Ce préambule à Durban, aussi brutal soit-il, pose une question simple: qui peut vraiment rivaliser avec ces All Blacks lancés? Les réponses arriveront dans les semaines qui suivent.