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Toma Junior Popov a atteint la finale de l’Open de Chine en badminton, le plus haut niveau du sport avec son statut de Super 1000. Le Français a battu le Canadien Victor Lai (14-21, 21-12, 21-15) en demi-finale. C’est une première historique pour un joueur français en simple à ce niveau de compétition.
Le badminton français traverse une période dorée. Après des mois de domination en circuits secondaires, trois joueurs français du simple hommes imposent désormais leur présence à l’élite mondiale. Christo Popov occupe la 5e place du classement, Alex Lanier la 9e. Mais samedi à Changzhou, c’est Toma Junior Popov qui a franchi un seuil inédit: la finale d’un Super 1000, le calibre équivalent aux Grands Chelems du tennis.
Un parcours contré dès l’entrée
Le scénario n’avait rien d’idéal pour le Fosséen de 27 ans. Victor Lai, classé 8e mondial, était en pleine ascension. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés en juin à l’Open d’Indonésie, et le Canadien avait creusé un écart significatif. Samedi, Popov a cédé le premier set 14-21. Une entame qui aurait pu paraître décisive face à un adversaire de ce calibre.
Mais Toma Junior Popov n’est pas le plus attendu des trois mousquetaires du badminton français pour rien. Le moins bien classé de la trinité (16e mondial), il compense par une rigueur mentale éprouvée. Il s’est rapidement adapté à la particularité du court de Changzhou: une salle ouverte aux quatre vents qui a déstabilisé bien d’autres compétiteurs durant le tournoi. Il a empoché la deuxième manche sans difficulté majeure, ramenant l’équilibre à un set partout.
La maîtrise du colosse français
Au troisième set, Popov a trouvé sa position de force. Depuis 11-11, il s’est progressivement détaché. Le duel a comporté un rallye de 70 coups qui a épuisé les deux joueurs physiquement. Popov l’a perdu, mais ce revers isolé n’a pas entamé sa dynamique: il a conclu 21-15. Un scénario classique de remonteé mentale et physique.
Le Français de 1,96 m maîtrise deux armes redoutables: une puissance exceptionnelle et une capacité d’adaptation remarquable. « C’était une bataille pour chaque volant, pour chaque point, surtout du mauvais côté pour essayer de minimiser l’écart », a-t-il analysé après le match. Ce qui aurait pu être une excuse est devenu une description factuelle de sa stratégie gagnante.
Un adversaire redoutable en finale
Popov affrontera dimanche le Taïwanais Chou Tien Chen, 6e mondial. Chou a éliminé son compatriote Lin Chu-Yi (classé 13e) en demi-finale, 21-18, 21-17. Deux matchs remportés par des marges serrées indiquent un tournoi équilibré à ce stade. La finale était programmée pas avant 9h30, diffusée en direct sur L’Équipe live.
Chou Tien Chen vient d’un continent où le badminton domine depuis des décennies. Taïwan a produit des championnes et des champions de classe mondiale. Mais Popov ne découvre pas ce niveau: il l’a atteint samedi, en provenance d’une nation française qui construit progressivement sa présence en Super 1000.
L’histoire d’une première, mais pas la seule
Techniquement, Toma Junior Popov n’a pas été le premier Français à remporter une Super 1000. Delphine Delrue et Thom Gicquel l’ont précédé, mais en double mixte à l’Open d’Indonésie 2025. En simple, c’est l’événement inédit. Popov deviendrait le premier Français à soulever un trophée Super 1000 en individuel s’il vaincrait Chou dimanche.
Le contexte international du badminton place cette performance en relief. Le sport s’est construit autour de la domination asiatique, en particulier avec la Chine, l’Indonésie et la Malaisie. Que la France produise un finaliste à ce niveau en 2026 marque un tournant. Les trois mousquetaires du simple hommes français – Christo (5e), Alex Lanier (9e) et Toma Junior (16e) – ne sont pas une surprise isolée. Ils forment un mouvement.
« Plus qu’une marche à gravir et en avant », a déclaré Popov après son succès face à Lai. La phrase résume l’état d’esprit: le match de dimanche contre Chou est la dernière étape d’une montée en puissance qui s’étend sur plusieurs mois. Il n’y a ni révolution ni coup de chance. Il y a un travail qui produit des résultats au plus haut niveau, enfin.